Le 30 novembre prochain, le peuple suisse est appelé à voter sur l’initiative pour une AVS flexible dès 62 ans pour tous et toutes. Le surcout engendré par cette mesure est estimé par les initiants, comme par l’administration fédérale à environ 800 millions de francs.
Les opposants à cette initiative soulignent ce chiffre et soutiennent l’impossibilité de financer une telle mesure.
Cependant, si l’on rapporte tout d’abord ce chiffre au budget de la confédération, on peut tirer quelques conclusions intéressantes: tout d’abord, les mesures d’économie proposées par les autorités fédérales ont non seulement visé l’équilibre budgétaire, mais ils parviennent pour 2008 à un excédent budgétaire de 1.2 milliard. Si l’on soustrait la part structurelle de 400 millions, nous arrivons… à 800′000 millions… comme c’est intéressant.
Si dans une autre perspective on rapporte les frais supplémentaires engendrés par l’acceptation de l’initiative à l’état financier de l’AVS elle-même, l’on peut tirer un autre constat, tout aussi intéressant: L’AVS a bouclé ses comptes 2006 avec un excédent de 2.7 milliards, et ceux de 2007 avec un excédent de 1,5 milliards, et ce malgré une perte de 1.9 milliards dans la crise des subprimes. Voici donc là encore une source de financement pour permettre à tous et à toutes une retraite bien méritée.
Enfin, la crise actuelle des marchés financiers ne fait que montrer les limites du libéralisme, même si pour l’instant, aucune instance politique n’a encore osé le dire. C’est un grand risque pour tout le système économique. Et c’est bien pour cela que l’Union Européenne et que les Etats-Unis, et enfin la Confédération ces derniers jours « recapitalisent » en masse leurs banque. On privatise quand tout va bien, et l’état paie quand tout va mal, sous peine de voir le château de cartes s’effondrer.
Ainsi pour sauver les meubles, les états paient les pots cassés, et les paient cher! Pour la confédération, ce ne sont pas moins de 6 milliards qui sont injectés directement dans l’UBS, auxquels s’ajoutent 68.2 milliards d’actifs « toxiques » qui seront rachetés par une société contrôlée par la BNS.
Nous avons ici bel et bien la preuve, qu’en matière de financement, la seule chose déterminante c’est la volonté politique. Si le système financier est en danger, on n’a aucune peine à « trouver » une quantité de milliards rapidement. Quand il s’agit d’assurer une retraite digne dès l’âge de 62 ans pour les personnes qui gagnent moins de 120′000 francs par an, et qui le plus souvent occupent des postes usant physiquement, on nous rétorque qu’une somme de moins d’un seul de ces milliard ne peut pas être débloquée.
A moins que le peuple n’en décide autrement le 30 novembre…
Et Oui ! Tu as mille fois raison. C’est bien dit. Que tout le monde t’entende !
Anne-Ga