Il y a quelques jours, nous apprenions que Laurent Busslinger, rédacteur en chef du cahier vaudois de 24heures, serait le nouveau conseiller personnel de Pascal Broulis.
Il y a bien longtemps qu’on ne se faisait plus d’illusions sur la ligne éditoriale d’Edipresse, qui joue la plupart du temps le jeu du Conseil d’Etat et des grands entrepreneurs du Canton. Il y a bien longtemps aussi qu’on ne s’illusionnait plus à propos d’une “neutralité” ou dune “indépendance” de la presse vaudoise face à ses sponsors et aux politiques qui les favorisent.
Mais tout de même, habituellement, l’intrication entre la droite bourgeoise et sa presse était au moins un tantinet voilée. Ainsi, on nous disait la bouche en coeur que non, que la presse relaie les faits, de manière objective, sans états d’âmes et sans opinions personnelles.
On ne peut donc que s’étonner une première fois à l’annonce de la nomination de Busslinger comme “bras droit” de Broulis, mais il y a pire.
En effet, lors de la conférence de presse du conseil d’Etat à l’occasion du résultat des votations, le même Busslinger était non seulement présent, mais en tant que journaliste, et, sans vergogne aucune, il questionne “son” M.Broulis sur la réussite de sa politique et sur un éventuel deuxième paquet fiscal.
Personne n’a eu l’air de s’en étonner, mais il me semble que c’est un beau mélange des casquettes…
D’ailleurs, la grande salade continue aujourd’hui dans le 24heures, Busslinger loue la “sagesse” des Vaudois, et le “bon sens” qui leur a permis de ne pas céder à la tentation de “s’autopénaliser”. Il plaide ainsi complètement pour la politique de son Conseiller d’Etat préféré.
Un soutien tout à fait assumé dans le texte, mais sans préciser cependant son nouveau mandat, puisqu’à côté de sa photo, il est indiqué: “Journaliste”.
Mais que Monsieur Busslinger et son employeur se méfient, car, malgré tout, dimanche, plus de 30% de l’électorat (et aussi du lectorat) n’ont pas suivi Broulis. C ‘est peut-être tout de même une “part de marché” significative… les faire passer pour des imbécile qui n’ont pas compris n’est peut-être pas une si bonne idée.
